Alternative

« Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Éternel une offrande des fruits de la terre, et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui. 

Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel ; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. »

Genèse 4.3/8

Voilà une histoire qui finit bien mal ! Et pourtant…

Imaginez…

Abel est berger, il offre en sacrifice son meilleur agneau. Abel est cultivateur, il offre ses meilleurs légumes. C’est logique. Jusqu’ici tout va bien…

Dieu agrée l’offrande d’Abel. Comment peut-il le savoir ? Il est probable que le feu soit descendu sur l’offrande, à moins que ce soit la voix de Dieu qui se soit fait entendre :

« C’est très bien, Abel, tu m’as offert un sacrifice agréable. Je suis satisfait. »

Encouragé par ce signe venant du Ciel, Caïn s’attend à la même manifestation divine, mais il ne se passe rien.

« Et moi, alors ? Je compte pour du beurre ? Je pue des pieds sans doute. »

Et notre Caïn s’en va, tirant sa tête de phacochère.

C’est à ce moment que Dieu intervient :

« Eh bien ! Mon ami, tu ne m’as pas l’air particulièrement jouasse.

– Nan ! Suis pas content !

– Qu’est ce qui t’arrive ? Dis-moi.

– Il m’arrive que tu fais du favoritisme.

– Comment ça, du favoritisme ?

– Tu le sais très bien. Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, mon frère ? Il te présente un mouton. Tu fais descendre le feu du ciel, et tout le tralala, et pour moi : rien du tout ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

 

– C’est à toi de comprendre la leçon. Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui.

– Qu’est-ce que tu entends par là ?

– Quand tes parents on mangé de ce fruit que je leur avait interdit, quelle a été leur première impression ?

– Je ne sais pas. Ah ! Si ! Maman a eu peur que tu la voie toute nue, alors elle est allée ce cacher. Papa aussi, il est allé se cacher, il avait la honte. Avant, ils se promenaient tout nus tous les deux, et ça ne leur faisait rien.

– Qu’est-ce qu’ils ont fait ensuite ?

– Ils ont pris des feuilles de figuier pour s’en faire des jupettes.

– Des feuilles de figuier. Très juste. Est-ce que ça a résolu leur problème ?

– Pas vraiment. Ils avaient l’air ridicules.

– Et après ?

– Après, tu leur à fait des habits en peau. C’était déjà plus élégants.

– Est-ce que tu saisis la différence ?

– Non.

– Le végétal, ce sont tous les efforts qu’un homme pourra faire pour me plaire et pour me faire oublier le péché de tes parents, ceux d’Abel, et les tiens. Ton initiative partait d’un bon sentiment, mais ce n’était pas le bon moyen. Voilà pourquoi ça n’a pas marché.

– Ah bon !

– Pour fabriquer ces habits de peau, il a fallu que je prenne la vie à un animal qui, pourtant, n’a pas mérité la punition. Quoi de plus innocent qu’un agneau, et pourtant, il fallait qu’il meure à la place du pécheur pour que celui-ci soit pardonné. Voilà pourquoi j’ai approuvé l’offrande de ton frère.

– D’accord, Seigneur. Maintenant, j’ai compris. La prochaine fois, je ferai comme tu m’as dit. »

 

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