Piques 11 à 20

11. Effet de serre

Est-ce à cause du réchauffement climatique que la France est devenue une république bananière ?

Le Rieu de Condé, 24 novembre 2014

12. Pi-Haïroth

Sur un banc public, un jeune chrétien lit la Bible. Et le voilà qui s’écrie :

« Yeees ! Alléluia ! Gloire à Dieu ! Praise the Lord ! »

Un professeur de théologie passe justement à ce moment-là.

« Eh bien, mon garçon ! Qu’est-ce qui justifie cette agitation ?

– Dieu a écarté les eaux de la mer rouge pour faire traverser son peuple. Vous ne trouvez pas ça merveilleux ?

– Il est prouvé scientifiquement que là où les Hébreux ont traversé, la profondeur de l’eau ne dépassait pas vingt centimètres, alors je ne vois pas où est le miracle.

– Ah bon ? »

Le jeune homme poursuit sa lecture avec beaucoup moins d’enthousiasme. Le théologien poursuit sa promenade. Quand il revient sur ses pas, il trouve à nouveau le lecteur, poussant de retentissants Alléluias !

« Qu’est-ce qui vous arrive encore ?

– Dieu a réussi à noyer toute l’armée de Pharaon dans vingt centimètres d’eau, et là, vous le voyez où est le miracle ? »

Le Rieu de Condé, 25 novembre 2014

13. Maudits emballages

Je viens de m’acheter un cutter. Malheureusement, celui-ci est enfermé dans un de ces emballages indestructibles qui nous pourrissent la vie. Pour l’ouvrir, il me faudrait un cutter.

Le Rieu de Condé, 1er décembre 2014

14. La drachme perdue

Nous trouvons dans l’Évangile de Luc, chapitre 15 versets 8 à 10, l’histoire d’une femme qui avait dix pièces de monnaie et qui en a perdu une. Elle fouille partout dans sa maison et finit par la retrouver, et quand elle l’a retrouvée, elle va en informer tous ses voisins.

Cette histoire peut paraître bien étrange si l’on ne connait pas le contexte culturel.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai tiré d’un distributeur deux billets de cinquante euros que j’ai pliés l’un dans l’autre et les ai fourrés dans ma poche. Quand j’ai voulu les prendre, ils n’y étaient plus. Finalement, je n’avais pas fouillé dans la bonne poche. J’étais content de les avoir retrouvés car je ne suis pas Rockfeller, mais je n’ai pas ameuté tout le quartier.

Au temps de Jésus, quand une jeune fille se mariait, on lui donnait plusieurs pièces d’argent qui constituaient sa dot, et on en faisait un bandeau qu’elle gardait sur le front. Une de ces pièces était mal sertie, et elle est tombée. Si elle sort dans la rue avec cette parure incomplète, les gens qui voient le mal partout ne manqueront pas de médire : elle a dépensé la pièce qui manque à se débaucher. Et la belle mère d’en remettre une couche : je t’avais bien dit que ce n’était pas une fille pour toi !

On comprend mieux l’acharnement de cette femme à retrouver sa pièce, et quand elle l’a retrouvée, elle s’en va voir ses voisines :

« Alors, madame Truguduche ! c’est bien vous qui êtes allée colporter que j’avais dépensé ma drachme dans les lieux de plaisir ?

– Euh… oui… c’est-à-dire…

– La voici, ma pièce, elle avait roulé sous le buffet de cuisine. »

De la même manière, Jésus pourrait remettre les pendules de Satan à l’heure :

« C’est bien toi qui as accusé mon serviteur ?

– Oui.

– Je l’ai racheté, tu n’as plus rien à dire. »

Le Rieu de Condé, 30 janvier 2015

15. L'araignée

Une épeire diadème trônait au beau milieu de sa toile qu’elle avait tendue près d’une boîte aux lettres.

En introduisant le courrier dans la boîte, j’ai accroché, sans le briser, un des fils de la toile. Comme une corde de guitare sous le plectre, celle-ci s’est mise à vibrer durant plusieurs secondes, avec l’araignée toujours fixée en son milieu.

Le lendemain, je reviens à la même boîte aux lettres et m’apprête à y engouffrer ma liasse de courrier. L’araignée, qui semble garder un mauvais souvenir de son expérience de la veille, me regarde de ses huit yeux et court se réfugier à l’extérieur de sa toile.

Je n’avais jamais pensé qu’un si petit animal puisse être aussi intelligent.

Prenez-en de la graine, les humains !

Le Rieu de Condé, 6 avril 2015

16. Proverbe normand

Les Cauchois, c’est comme les bourgeons.

Le Rieu de Condé, 16 avril 2015

17. Cale en bourg

Les Roumains n’aiment pas prendre le téléphérique…
…parce que c’est haut, ça secoue.

Claude Monet aimait boire un verre à Buffalo Grill…
…parce que c’est un bar bison.

Les Ivoiriens mangent de la bouillie…
…parce que ya mou sous croc.

Quel poète est venu à vélo ?
Vincent Voiture.

« Ce tabac m’atterre ! » — Antonio Vivaldi

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

18. Ray Bradbury, un visionnaire

Les gosses sont à l’école neuf jours sur dix. Je n’ai à les supporter que trois jours par mois à la maison. C’est une bonne formule. Vous les collez dans le salon et vous poussez le bouton. C’est comme la lessive. On fourre le linge dans la machine et on ferme le couvercle.

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

19. Jeunes des quartiers

Je m’affairais à placarder des affiches sur le boulevard Péringondas. Le vent qui soufflait ajoutait une pointe de difficulté à cette occupation ordinaire, quand une lycéenne, le visage enveloppé dans un foulard, s’est approchée de moi.

« – Monsieur, est-ce que je peux vous aider ?

– Mais… Vous risquez de vous salir.

– Ça ne fait rien. »

Je n’aurais jamais osé le lui demander, mais elle a empoigné ma brosse à colle et a commencé à encoller. J’étais étonné et ravi par cette gentillesse et cette aide inattendue.

Il est tellement facile de coller une étiquette « Racaille 2007 appellation contrôlée » sur le front des jeunes de nos « nouveaux quartiers. » Beaucoup parmi eux refusent, à juste titre, cette étiquette et montrent par des actes de civilité qu’ils ne la méritent pas.

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

20. Le Miroir

Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité.

Jacques 1.23/25

Un homme un jour trouva un miroir.

 « Quelle chance ! se dit-il, j’ai retrouvé un portrait de feu mon père, quand il avait mon âge. » Et il baise tendrement le miroir.

Survient alors sa femme :

 « Espèce de fainéant ! Bon à rien ! Qu’est-ce que tu regardes au lieu de travailler ? »

Et, lui arrachant le miroir des mains :

 « Tu embrassais le portait d’une femme. C’est donc ta maîtresse !

– Mais... pas du tout, c’est mon père.

– Tu te moques de moi ? Si encore tu me trompais avec une belle femme, mais regarde-moi cette mocheté ! Je demande le divorce. »

Et voilà notre couple, armé du fameux miroir, dans le bureau du juge.

 « Assurément, dit le juge, il s’agit indubitablement du portait d’un homme. Mais, j’ose espérer, Monsieur, que cet individu n’est pas votre père. Quel faciès de brute ! Le visage que j’ai sous les yeux est certainement celui d’un criminel. Si un jour je mets la main sur un homme qui a une tête comme celle-ci, je commence par le faire coffrer. »

 

La Bible est comparée à un miroir qui nous renvoie notre image trait pour trait. Mais bien souvent, nous préférons ne pas nous y reconnaître et faire de nous-mêmes une photo retouchée qui nous avantage.

Nous lisons dans ses pages que même les plus respectables et les plus religieux d’entre nous sont des pécheurs condamnés à la mort éternelle, que Jésus-Christ est venu racheter en donnant sa vie.

Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.

Romains 3:23

Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.

Romains 6:23

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

 

Piques 21 à 30

Créez votre propre site internet avec Webador