Épilogue

LE RÉCITANT

Le 17 juillet, Ioana et Vassili Moïsséiev reçurent ce télégramme de l’unité militaire 61968 T :

« Votre fils Ivan Vassilievitch Moïsséiev est mort tragiquement. Avisez-nous de votre arrivée. »

Les autorités militaires leur remirent un certificat de décès mentionnant sa cause officielle : « Asphyxie mécanique par noyade ».

Semione, son propre frère était du nombre de ceux qui ont voulu faire passer les témoignages de son martyre pour des calomnies honteuses. Andreï Andreïevitch Pétrov et Michaïl Andreïevitch Kolechnitchenko furent condamnés le 31 janvier 1973 pour avoir diffusé de « fausses nouvelles » au sujet de la mort de leur camarade. Mais la vérité ne pouvait rester cachée. À Berlin-Ouest, des centaines de jeunes ont manifesté dans les rues, portant sur leurs dossards et leurs banderoles la photo du soldat Moïsséiev, torturé et assassiné par le régime soviétique à cause de sa foi.

« Grâce à la foi, ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu la réalisation de promesses, fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l’épée. Ils ont été remplis de force alors qu’ils étaient faibles. Ils se sont montrés vaillants dans les batailles, ils ont mis en fuite des armées ennemies ; des femmes ont vu leurs morts ressusciter pour leur être rendus. D’autres, en revanche, ont été torturés ; ils ont refusé d’être délivrés, afin d’obtenir ce qui est meilleur : la résurrection. D’autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d’autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l’épée. D’autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n’était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre. Dieu a approuvé tous ces gens à cause de leur foi, et pourtant, aucun d’eux n’a reçu ce qu’il leur avait promis. C’est que Dieu avait prévu quelque chose de meilleur pour nous : ils ne devaient donc pas parvenir sans nous à la perfection. »[1]

 

Châteaudun, avril 2008

 

[1] Hébreux 11.33/40