VII. Le Testament du Biographe

Une dizaine d’années s’est écoulée depuis que j’ai composé la première ligne de Sylduria. Trois présidents se sont succédé à la présidence de la République française, aussi indignes de leur fonction l’un que les deux autres. Le lecteur aura reconnu la caricature des deux premiers. J’ai donc écrit une pièce de théâtre : Lynda de Syldurie, ou la Parabole de la Fille prodigue. Celle-ci, du moins je le pensais, constituait un ouvrage autonome. Lynda en est l’héroïne, Dimitri n’a aucun véritable rôle dans l’histoire. Il rappelle le colonel Ronchon qui n’a droit qu’à un phylactère dans toute l’œuvre hergéenne.

Cette comédie étant achevée, j’en ai écrit deux autres : La Révolte des Pieuvres et Le Marquis de Kougnonbaf, composant ainsi La Trilogie de Lynda.

Alors que je séjournais à Aurillac, où j’ai perdu la vue de l’œil droit, j’ai commencé à réécrire cette histoire sous la forme d’un roman : Sylduria, que j’ai plus tard divisé en deux livres : Lynda la rebelle et La Reine Lynda. Puis, j’ai ajouté une suite à ce roman : Le Chemin des Philosophes. J’y ai sorti Dimitri de son tiroir pour en faire un courtisan opportuniste. C’est alors que je considérais l’histoire de Lynda et de la Syldurie comme achevée et j’ai voulu passer à autre chose. Ce prochain roman, Ligérie, n’a plus aucun rapport avec la Syldurie et comporte une petite touche de fantastique, sans pour autant succomber à la mode actuelle. Alors que j’entamais les derniers chapitres, j’ai voulu, par une petite allusion, créer un lien avec la Syldurie. La porte était désormais ouverte pour de nouvelles aventures dans lesquelles le monde rationnel de Lynda rejoint le monde irréel de Sigur. Deux nouveaux livres sont ajoutés : Le Beau Danube noir et La Tour Plogrov. Notre ami Dimitri a bien évolué depuis sa position initiale d’amoureux dépressif jusqu’à celle de dictateur mégalomane.

Après la chute de Plogrov, les idées ne se bousculent plus au portillon, c’est signe que le point final n’est pas loin. En travaillant sur ce dernier volume dans lequel je rends hommage à la Belgique, ma seconde patrie, je développe la pensée de donner à Dimitri le rôle de l’Antichrist.

Les Misérables s’achève à la mort de Jean Valjean et Les Mystères de Paris à celle de Fleur-de-Marie. Si je veux suivre l’exemple des grands maîtres, il faut que Lynda meure.

Je ne veux pas me résoudre à sacrifier mon enfant, je l’aime trop. Lynda est violemment agressée au dernier chapitre, mais elle n’en meurt pas. N’y a-t-il pas d’alternative à la mort ?

Ceux qui, comme Lynda et son biographe, ont un jour pris la décision d’abandonner leur vie de vanité pour se livrer à la volonté de Dieu, de revenir à la maison du Père, tels des fils ou des filles perdus, de se confier entièrement à Jésus-Christ, placent leur espoir dans un autre avenir : 

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ![1]

Alors que nous assistons, impuissants, à l’effondrement de notre civilisation, que la corruption la plus infâme gangrène le monde politique, alors que la chrétienté tout entière se laisse aspirer dans le maelstrom de l’apostasie, alors que la nature elle-même semble se révolter contre son créateur, une immense vague d’espérance déferle sur ceux qui ont cru : « Je reviendrai, dit Jésus, et je vous prendrai avec moi. »[2] Depuis son retour de Paris, devenue une nouvelle créature, Lynda s’est nourrie de cette promesse. Au regard de notre siècle de ténèbres, au vu de la situation tragique de notre humanité, les chrétiens fidèles et sincères se tiennent prêts pour cet événement et n’ont pas peur de l’avenir. Si c’était dans dix ans ? Et si c’était l’été prochain, et si c’était demain ? Qui de nous s’élèverait à la rencontre du Seigneur ? Qui serait laissé derrière ?

Ami lecteur, cesse de te rassurer par des arguments fallacieux : je ne vois pas Dieu, donc il n’existe pas. Ton salut ou ta perdition sont une affaire trop sérieuse pour que tu ne consacres cinq minutes de ta vie à y réfléchir. Ne veux-tu pas échapper aux sept années de terreur sous la dictature universelle de l’Antichrist, au jugement et à la condamnation qui en sera l’issue ? Ne préférerais-tu pas redevenir l’ami de celui qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que celui qui croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ?[3]

Ami lecteur, ne voudrais-tu pas être prêt ?

Nous vous en supplions au nom de Christ : soyez réconciliés avec Dieu ![4][5]

 

[1] 1 Pierre 1.3/5

[2] Jean 14.3

[3] Jean 3.16

[4] 2 Corinthiens 5.20

[5] Nous recommandons à nos lecteurs la conférence de Fernand Legrand : Le retour du Maître.

http://www.lilianof.fr/pages/a-bible-ouverte/messages-de-fernand-legrand/le-retour-de-jesus-christ.html