Piques 21 à 30

21 - Phrase historique

Alors, y z’ont dit quoi ? — Y z’ont dit : « ben... »

Henri Krazucki (1924-2003)

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

22 - Ray Bradbury, un visionnaire

Les gosses sont à l’école neuf jours sur dix. Je n’ai à les supporter que trois jours par mois à la maison. C’est une bonne formule. Vous les collez dans le salon et vous poussez le bouton. C’est comme la lessive. On fourre le linge dans la machine et on ferme le couvercle.

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

23 - Jeunes des quartiers

Je m’affairais à placarder des affiches sur le boulevard Péringondas. Le vent qui soufflait ajoutait une pointe de difficulté à cette occupation ordinaire, quand une lycéenne, le visage enveloppé dans un foulard, s’est approchée de moi.

« – Monsieur, est-ce que je peux vous aider ?

– Mais… Vous risquez de vous salir.

– Ça ne fait rien. »

Je n’aurais jamais osé le lui demander, mais elle a empoigné ma brosse a colle et a commencé à encoller. J’étais étonné et ravi par cette gentillesse et cette aide inattendue.

Il est tellement facile de coller une étiquette « Racaille 2007 appellation contrôlée » sur le front des jeunes de nos « nouveaux quartiers. » Beaucoup parmi eux refusent, à juste titre, cette étiquette et montrent par des actes de civilité qu’ils ne la méritent pas.

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

24 - La tolérance

Beaucoup de personnes pensent que les chrétiens évangéliques ne sont pas des gens tolérants : Ils affirment qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et surtout, qu’une seule façon de le servir. Jésus lui-même n’a-t-il pas déclaré : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. » Jean 14.6 ?

N’est-il pas temps de se mettre un peu au goût du jour et d’admettre que toutes les religions sont bonnes, pourvu qu’on soit sincère ? N’est-il pas plus judicieux de penser qu’un seul et même dieu s’est révélé aux uns et aux autres tantôt sous le non de Yaveh (ou Jéhovah), aux autres sous les noms d’Allah, Bouddha, Zeus, Brahma, Osiris, etc. Aux uns, il aurait interdit le spiritisme et la polygamie, tandis qu’il les aurait autorisés aux autres. Logique.

Soyons tolérants !

À mes moments perdus, je joue de la clarinette, et je suis intimement convaincu qu’il n’y a qu’une seule façon d’en jouer : il faut souffler dans l’extrémité biseautée qu’on appelle le bec.

Imaginez maintenant que quelqu’un vienne me dire : « Monsieur, vos vieilles conceptions sont totalement ringardes. Nous les jeunes, on aspire dans le pavillon. L’air circule dans la même direction, c’est l’essentiel. »

Comment vais-je réagir à de tels propos ?

Ou bien je vais expulser le camarade après lui avoir gratuitement distribué quelques gifles. Cela s’appelle – à juste titre – de l’intolérance.

Ou bien je vais lui dire : « Mon cher ami, vous avez raison, toutes les façons de jouer de la clarinette sont valables, pourvu qu’on soit sincère. » C’est tout de même plus gentil, et le camarade devrait m’aimer plus que dans la situation précédente. Mais je ne lui rendrai pas un grand service. C’est la fausse tolérance.

Ou bien enfin, je lui répondrai : « Cher ami, si vous pensez avoir raison, tant mieux pour vous. Mais j’aimerais vous faire essayer ma méthode, vous verrez qu’elle vous changera considérablement la vie. Et puis, si vraiment elle ne vous convenait pas, rien ne vous empêche de continuer comme auparavant, je ne serais pas fâché contre vous. »

C’est selon ce troisième exemple que les chrétiens évangéliques ont l’habitude de présenter Jésus – Christ et son message. Et c’est cela, la vraie tolérance.

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

25 - Le miroir

Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité.

Jacques 1:23-25

Un homme un jour trouva un miroir.

 « Quelle chance ! se dit-il, j’ai retrouvé un portrait de feu mon père, quand il avait mon âge. » Et il baise tendrement le miroir.

Survient alors sa femme :

 « Espèce de fainéant ! Bon à rien ! Qu’est-ce que tu regardes au lieu de travailler ? »

Et, lui arrachant le miroir des mains :

 « Tu embrassais le portait d’une femme. C’est donc ta maîtresse !

– Mais... pas du tout, c’est mon père.

– Tu te moques de moi ? Si encore tu me trompais avec une belle femme, mais regarde-moi cette mocheté ! Je demande le divorce. »

Et voilà notre couple, armé du fameux miroir, dans le bureau du juge.

 « Assurément, dit le juge, il s’agit indubitablement du portait d’un homme. Mais, j’ose espérer, Monsieur, que cet individu n’est pas votre père. Quel faciès de brute ! Le visage que j’ai sous les yeux est certainement celui d’un criminel. Si un jour je mets la main sur un homme qui a une tête comme celle-ci, je commence par le faire coffrer. »

 

La Bible est comparée à un miroir qui nous renvoie notre image trait pour trait. Mais bien souvent, nous préférons ne pas nous y reconnaître et faire de nous-mêmes une photo retouchée qui nous avantage.

Nous lisons dans ses pages que même les plus respectables et les plus religieux d’entre nous sont des pécheurs condamnés à la mort éternelle, que Jésus-Christ est venu racheter en donnant sa vie.

Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.

        Romains 3:23

Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.

       Romains 6:23

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

26 - Un frère du voyage

Un frère du voyage s’était rendu, sans doute par erreur, dans une église qui imposait dans le culte une liturgie très rigide.

Sans se préoccuper du voisinage, notre frère, comme il en avait l’habitude, ponctuait la louange et la prédication de joyeux Alléluias ! Si bien que les chrétiens n’ont pas tardé à lui tapoter l’épaule :

 « Voyons, un peu de tenue, s’il vous plaît. Nous sommes dans une église ! »

Mais ces avertissements ne produisaient aucun effet. Alors un diacre se lève et le prend par le bras :

 « Écoutez, allez faire un tour dans la bibliothèque, voir si j’y suis. Vous reviendrez quand vous serez calmé. »

Comme c’est charitable !

L’incident clos, le calme était revenu dans la communauté et tout le monde écoutait le prédicateur quand soudain retentit un puissant « Alléluia Baro Dével ! »

Le diacre se précipite dans la bibliothèque :

« Qu’est-ce qui se passe encore ?

– Eh bien ! j’étais en train de regarder l’Atlas mondial, et j’ai vu que par endroit, l’océan dépassait les dix mille mètres de profondeur. Et la Bible dit :

Il mettra sous ses pieds nos iniquités ; tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés.

Michée 7:19

Alors, que ça vous plaise ou non, moi je dis Alléluia ! »

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

27 - Variante de la même histoire

Un frère du voyage s’était rendu, sans doute par erreur, dans une église qui imposait dans le culte une liturgie très rigide.

Sans se préoccuper du voisinage, notre frère, comme il en avait l’habitude, ponctuait la louange et la prédication de joyeux Alléluias ! Si bien que les chrétiens n’ont pas tardé à lui tapoter l’épaule :

 « Voyons, un peu de tenue, s’il vous plaît. Nous sommes dans une église ! »

Mais ces avertissements ne produisaient aucun effet. Alors un diacre qui avait remarqué le mauvais état de ses semelles le prend à part :

« Écoutez, mon ami. Si vous gardez le silence jusqu’à la fin du culte, je vous promets de vous offrir une paire de chaussures neuves. »

Fort de cette promesse, notre frère essaie de garder son calme, mais au beau milieu de la prédication, il se lève et s’écrie :

« Et tant pis pour les godasses : alléluia ! »

Le Rieu de Condé, 18 juin 2015

28 - Pourquoi je ne parle plus en langues

Je suis entré pour la première fois dans une église évangélique sur l’invitation de ma mère. Celle-ci m’avait bien expliqué le déroulement d’un culte pentecôtiste, je ne devais donc pas m’inquiéter si j’entendais des choses bizarres : c’est le Saint-Esprit qui s’exprime par le moyen du parler en langues et de son interprétation. En effet, durant ce culte, j’ai entendu parler en langues, et son interprétation m’a convaincu que le message s’adressait à moi personnellement. Pour moi, c’était une révélation, car j’admettais l’existence de Dieu, mais en aucun cas la possibilité de communiquer avec lui.

Après cette première expérience, je me suis mis à lire la Bible sérieusement, et la lecture du Psaume 22 m’a convaincu qu’elle est réellement la parole de Dieu.

Quelques semaines plus tard, en vacances dans le sud de la France, je me suis à nouveau senti interpellé par un parler en langues et son interprétation. C’est ce qui m’a convaincu de prendre ma décision pour Christ.

J’ai donc reçu le baptême en novembre 1978. En toute logique, je devais maintenant attendre avec foi le baptême du Saint-Esprit. Mon attente n’a pas été longue. Pour le jour de l’an, j’ai été invité à déjeuner chez un jeune pasteur. Bien entendu, nous avons parlé du baptême dans le Saint-Esprit, et de la nécessité de recevoir ce revêtement de puissance. Il m’a demandé si je voulais qu’il prie pour moi, et bien sûr, j’ai répondu oui.

Pendant qu’il m’imposait les mains, je louais le seigneur avec ferveur dans ma langue maternelle, le français, avec force alléluias. Le pasteur faisait monter la sauce :

« Allez-y ! Vous l’avez ! Parlez en langues ! N’ayez pas peur ! Vous l’avez ! Vous l’avez ! Laissez tomber le français ! Parlez en langues ! Allez-y ! Vous l’avez ! »

J’ai dit : « Dèlè, dèlè, dèlè… » C’était parti !

« Alléluia ! notre frère est baptisé dans le Saint-Esprit ! »

Pendant plus d’une semaine, je nageais dans le bonheur et la spiritualité. Je parlais en langues du matin au soir, dans ma salle de bains, dans ma cuisine, dans mon lit… au réveil, je commençais par parler en langues pour être sûr que ça marchait toujours.

Dans ma naïveté de nouveau converti, je pensais que, puisque tout le monde était baptisé dans le Saint-Esprit, ou aspirait à l’être, il était impossible d’observer, parmi les chrétiens, des disputes, des jalousies, des rivalités comme dans le monde des incroyants. Comme je me trompais !

Je n’ai pas tardé à constater que les églises pentecôtistes étaient toujours en tête du hit-parade des divisions et des scandales.

« Bon ! C’est normal, plus il y a de bénédiction et plus le diable est en colère. »

Mais cette explication ne m’a pas satisfait indéfiniment. Je n’ai pas tardé à être témoin et victime du système. En fait, je me rendais compte que plus les gens parlaient en langue, et plus ils étaient charnels. Sans parler des règlements de compte à coup de prophéties. Mais quand on est dans une église de réveil, on y reste. S’en aller pour atterrir dans une église endormie qui ne connait pas ou qui refuse le Saint-Esprit, quelle déchéance !

D’autres questions m’interpellaient : comment se fait-il que des parlers en langues articulées sur deux ou trois syllabes débouchent sur des interprétations du style : « Écoute mon peuple, je suis l’Éternel, le dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… » ?

Réponses traditionnelles : « Les interprétations ne sont jamais littérales, » ou bien « C’est probablement un dialecte du fin fond du Zimbabwe ; ils savent exprimer beaucoup de choses avec peu de mots. »

Combien de foi ai-je entendu des chrétiens louer dans leur langue maternelle, en espagnol ou en italien, dont j’ai pu saisir quelques bribes, et aussitôt après un frère donner une interprétation du style : « Mon enfant, donne-moi ton cœur… » ?

Enfin, je me suis toujours demandé pourquoi je n’ai jamais reconnu le nom de Jésus dans un parler en langues alors qu’il se dit pratiquement pareil dans toutes les langues.

En 1997, l’atmosphère de notre église locale étant devenue insupportable, nous avons décidé, mon épouse et moi, de la quitter. Pour aller où ? Dans une autre église pentecôtiste ? Nous y étions grillés de toute façon, alors nous nous sommes tournés vers le monde charismatique, mais nous n’y adhérions pas vraiment. Pour l’anecdote, nous étions à la mission Anacondia, à Paris, en 2000. Alors que de nombreuses personnes apportaient sur l’estrade leur appareil auditif, je suis passé devant une grande enceinte au mauvais moment, ce qui n’a pas été sans conséquence sur mon audition. Alors que tant de personnes auraient recouvré l’ouïe, j’ai gagné la surdité (ou du moins une baisse de mes facultés auditives).

J’ai donc commencé à lire la Bible sans mes lunettes pentecôtistes. J’ai tracé deux colonnes sur une feuille de papier, à gauche les textes qui me paraissent approuver la doctrine du parler en langues, à droite ceux qui me paraissent la contredire. J’étais perplexe. N’était-il pas possible de concilier les deux tendances ? Force m’était de constater que pour y parvenir, il fallait bien raboter la parole de Dieu.

C’est à cette époque que je m’étais mis en rapport avec un responsable de la Maison de la Bible, je ne sais plus lequel, pour demander la permission d’inclure dans mon site internet des textes dont elle détenait les copyrights. Avec l’autorisation, le frère m’a proposé de collaborer avec eux dans un service en ligne. J’ai répondu « pourquoi pas ? » J’ai alors reçu un formulaire avec l’incontournable question : « Quelle est votre position sur le parler en langues ? » J’étais assis entre deux chaises et je ne pouvais pas mentir. J’ai répondu en substance que le parler en langues n’était pas le signe initial du baptême dans le Saint-Esprit, mais que c’était tout de même un plus dans ma vie chrétienne. J’ai reçu par retour du courrier la brochure « Le parler en langues est-il biblique ? » J’en ai conclu que ma candidature n’avait pas été retenue.

Nous avons, en fin de compte, rejoint une église de frères tout en nous promettant d’aller une fois par mois dans une église pentecôtiste pour « ne pas perdre la main ».

Finalement, un article de Fernand Legrand nous a définitive-ment ouvert les yeux sur la question.

Pour conclure, je pourrais dire que le parler en langues, c’est comme la cigarette : c’est difficile d’arrêter, mais on se sent mieux après.

Il reste cependant un point obscur : ce sont pourtant des parlers en langues et leur interprétation qui m’ont amené à la foi. C’est vrai.

Que s’est-il passé, en réalité : ma mère fréquente l’église, elle parle de moi aux chrétiens, l’église prie pour ma conversion. Voilà qu’un beau matin, je débarque à l’église avec ma mère. Je me souviens qu’une sœur âgée nous a accueillis en ces termes : « Bonjour, sœur Fillion, vous êtes venue avec votre mari ? » Bref, tout le monde connaissait mon histoire, il n’a pas été difficile de concocter un message prophétique bien dirigé. Quant à la deuxième expérience, j’étais dans une église où l’on ne me connaissait pas, et j’ai entendu un message que j’ai pris pour mon compte, mais celui-ci, par son contenu, pouvait s’adresser à n’importe quel inconverti présent dans l’assistance. Je ne me posais pas ces questions, j’y ai cru et j’ai accepté le salut en Christ ; c’est l’essentiel.

Et si j’avais débarqué dans des églises où l’on ne parlait pas en langues, je ne me serais donc pas converti ? Pas de panique, Dieu n’est jamais à court de moyens.

Le Rieu de Condé, 24 juin 2015

29 - Une camionnette 2CV verte

Mon père avait achevé une camionnette deux-chevaux verte. Elle n’avait que deux places à l’avant alors qu’en comptant ma sœur et moi, en plus de parents, nous étions quatre. Comment allaient-ils s’y prendre pour nous emmener en vacances à Saint-Tropez ?

Nous étions au début des années soixante et les lois nous autorisaient encore un peu de fantaisie. Mon père a fait le tour des brocantes et finit par trouver une banquette sans dossier dont la longueur correspondait pile-poil à la largeur intérieure du véhicule. On aurait cru que c’était calculé. Il y avait justement à l’arrière, de chaque côté, une vitre carrée qui permettait de voir défiler le paysage tout en restant assis.

Et nous voilà partis sur la nationale 7, si chère au cœur de Charles Trénet. Hôtel à Lyon à l’aller, hôtel à Lyon au retour.

Voyage interminable, heureusement ponctué d’incidents.

Une panne d’essence, car à cette époque il fallait penser, de temps en temps, à sortir de la voiture et ouvrir le réservoir pour s’assurer qu’il y reste assez de carburant. Papa qui se colle à la marche avec son bidon.

Sur une chaussée fraichement gravillonnée, une DS nous dépasse à toute allure (au moins cent kilomètres-heure !). Le pare-brise éclate. Papa qui sort en brandissant les poings vers le ciel et injuriant le conducteur qui était déjà loin.

Mais le pire pour mes parents fut certainement la chanson que nous avons chantée en duo pendant tout le voyage :

Ohé ! ohé ! matelot ! – Matelot navire sur les flots.

Passé Montélimar, papa commençait à en avoir assez et finit par nous faire remarquer que ce n’était pas « matelot navire », mais « matelot navigue ».

Nous étions aussi déçus que lorsque nous avons découvert la non-existence du Père-Noël. « Matelot navigue » est peut-être plus acceptable sur le plan de la grammaire, mais « matelot navire », c’est tout de même plus joli.

Et puis, il y a eu les excursions ! De Toulon à Saint-Raphaël, Sainte-Maxime, Cogolin, le château de Grimaud. Sans compter cette excursion dans les Maures au cours de laquelle j’ai failli m’étouffer en avalant de travers un bonbon à la menthe. Une fois la frayeur passée, maman répétait à qui voulait l’entendre : nous avons failli avoir un mort dans les Maures.

En définitive, je garde plus de souvenirs de la camionnette Citroën verte que des vacances elles-mêmes.

Le Rieu de Condé, 9 juillet 2015

30 - Tsunami

Quand je me sers une bière, je regarde monter la mousse avec angoisse. Débordera ? Débordera pas ?

Le Rieu de Condé, 20 juillet 2015