Pentecôte, la venue du Saint-Esprit

C’était le jour de la Pentecôte, un jour de fête pour les disciples de Jésus, un jour de fête aussi pour les Juifs qui, rappelons-le, célèbrent alors la fête des premières récoltes, littéralement, d’après le grec : la fête des cinquante jours.

Vous compterez sept semaines entières à partir du lendemain du jour du repos où vous aurez apporté la gerbe destinée à m’être présentée. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième jour du repos et, ce jour-là, vous me présenterez une nouvelle offrande. Vous apporterez, des lieux où vous habiterez, deux pains pour faire le geste de présentation avec eux, chacun d’eux sera fait de six kilogrammes de fleur de farine et sera cuit en pâte avec du levain ; ils représenteront les premiers fruits de votre récolte. Avec le pain vous offrirez aussi sept agneaux sans défaut, dans leur première année, un jeune taureau et deux béliers, qui me seront offerts en holocauste, accompagnés de leur offrande et de leur libation. Ce sera un sacrifice consumé par le feu, à l’odeur apaisante pour l’Éternel. Vous offrirez aussi un bouc en sacrifice pour le péché et deux agneaux d’un an en sacrifice de communion. Le prêtre fera avec le pain des premières récoltes le geste de présentation devant l’Éternel. Ils me seront consacrés avec les deux agneaux et reviendront au prêtre. En ce même jour, vous convoquerez le peuple pour qu’il se rassemble afin de me rendre un culte. Vous ne ferez aucune tâche de votre travail habituel ; c’est une ordonnance en vigueur à perpétuité et pour toutes les générations dans tous les lieux où vous habiterez.

Lévitique 23.15/21

 

Pentecôte est aussi un jour de fête pour les chrétiens, et pour le monde une bonne occasion printanière de prendre deux ou trois jours de vacances.

C’est surtout le jour unique où l’Église de Jésus-Christ a reçu le Saint-Esprit.

Voici les questions sur lesquelles nous voudrions réfléchir aujourd’hui :

  • Pourquoi le Saint-Esprit est-il venu ?
  • Avons-nous besoin du Saint-Esprit ?

Première partie : Promesses concernant le Saint-Esprit.

Nous étudierons d’abord quelques textes de l’Ancien-Testament qui préfigurent cet événement extraordinaire :

  • Moïse l’avait souhaité

L’Esprit vint également demeurer sur deux hommes qui se trouvaient dans le camp, et qui s’appelaient Eldad et Médad. L’Esprit vint reposer sur eux, car ils figuraient parmi les inscrits, bien qu’ils ne se soient pas rendus à la Tente, et, dans le camp, ils se mirent à parler sous l’inspiration de Dieu. Un jeune homme courut avertir Moïse : – Eldad et Médad sont en train de parler sous l’inspiration de Dieu dans le camp ! Alors Josué, fils de Noun, qui était l’assistant de Moïse depuis sa jeunesse, intervint en disant : – Moïse, mon maître, empêche-les de faire cela ! Moïse lui répondit : – Serais-tu jaloux pour moi ? Que l’Éternel, au contraire, accorde son Esprit à tous les membres de son peuple pour qu’ils deviennent tous des prophètes !

Nombres 11.26/29

Nous sommes au désert de Paran, le peuple, excité par le « ramassis d’individus » qui l’avait suivi en touriste, commence à se plaindre :

La cantine est détestable ici ! Et puis, c’est tous les jours le même menu : lundi : de la manne, mardi : de la manne, mercredi : de la manne…

Plus grave, les Israélites commencent à regretter le bon vieux temps : en Égypte, nous étions peut-être enchaînés, mais au mois, nous mangions bien : il y avait des concombres, des poireaux, de l’ail, des melons, et surtout de la viande.

Et tous s’en vont trouver Moïse : soit tu nous ramènes en Égypte, soit tu nous trouves de la viande.

Nous connaissons la suite de l’histoire : Moïse convoque une cellule de crise. Au cours de ce rassemblement, le Saint-Esprit est répandu sur les soixante-dix participants, ainsi que sur Eldad et Médad qui étaient pourtant excusés. Aussitôt, les uns et les autres se mettent à prophétiser. Ici, pas de langues de feu ni de langues étrangères, mais le Saint-Esprit est en action. Josué, le jeune stagiaire de Moïse ne comprend pas ce qui se passe : il faut arrêter ça tout de suite ! Ça ne se fait pas !

J’ai l’habitude d’appeler cet épisode « La Pentecôte de Moïse. »

  • Joël l’avait prophétisé

Après cela, moi, je répandrai mon Esprit sur tout le monde : vos fils, vos filles prophétiseront. Vos vieillards, par des songes, vos jeunes gens, par des visions, recevront des révélations. Et même sur les serviteurs, sur les servantes, moi, je répandrai mon Esprit en ces jours-là.

Joël 2.28/28 (3.1/2)

Qui pouvait bénéficier du Saint-Esprit au temps où parlait Joël ?

D’abord des hommes choisis par Dieu. Prenons l’exemple de Joseph.

Alors le pharaon leur dit : – trouverions-nous un homme aussi compétent que celui-ci en qui habite l’Esprit de Dieu ?

Genèse 41.38

Ce privilège était également accordé aux dirigeants : d’abord Moïse, ensuite Josué, qui ne tolérait guère la concurrence en ce domaine :

Josué, fils de Noun, était rempli d’un Esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. Dès lors, les Israélites lui obéirent et se conformèrent aux ordres que l’Éternel avait donnés à Moïse.

Deutéronome 34.9

Les prophètes de l’Éternel sont bien entendu les premiers servis. Pourrait-on imaginer un prophète sans l’Esprit-Saint ?

Lorsqu’ils eurent passé, Élie dit à Élisée : – Que voudrais-tu que je fasse pour toi ? Demande-le-moi avant que je sois enlevé loin de toi. Élisée répondit : – j’aimerais recevoir une double part de ton esprit.

2 Rois 2.9

Examinons aussi le « cas Samson ». Ne craignons pas de l’affirmer : Samson était un enfant de Dieu très charnel. Il n’y avait que deux choses qui l’intéressaient dans la vie : les filles et la baston. Le Seigneur aurait certainement préféré l’oindre de l’Esprit pour en faire un prophète, mais Samson n’avait pas vraiment le profil. Alors il l’a qualifié en fonction de ses compétences : castagneur de l’Éternel. Sa situation nous montre en tout cas que Dieu ne se met pas en peine de nous employer en dépit de nos faiblesses.

Alors l’Esprit de l’Éternel fondit sur lui, il se rendit à Askalon, y tua trente hommes, s’empara de leurs vêtements et donna les habits de rechange à ceux qui lui avaient révélé le sens de la devinette. Il rentra chez lui, bouillant de colère.

Juges 14.19

L’onction du Saint-Esprit était donc limitée à des hommes déterminés pour des durées souvent elles aussi déterminées.

Joël annonce donc une révolution dans le domaine de la spiritualité. Le temps de l’élite aura une fin. L’esprit sera répandu sur tout le monde, ou, comme le traduit Segond : « Sur toute chair ». Sur toutes les catégories :

 

  • Les jeunes et les vieux :

Il n’y a plus de conflit des générations : garçons et jeunes filles, malgré le manque d’expérience lié à la jeunesse, seront les porte-parole de Dieu. Quant aux frères et sœurs âgés, pas question de les mettre à la retraite, tant qu’ils ont quelque chose à apporter à l’œuvre du Seigneur.

  • Les femmes :

Qui oserait dire que le Saint-Esprit est misogyne et que les croyants doivent l’être aussi ? En tout cas, les contemporains de Joël l’étaient sans aucun doute.

  • Les serviteurs et les servantes :

Ceux-ci étaient le plus souvent des esclaves, exclus entre les exclus. Certaines étaient des femmes esclaves, et non juives par-dessus le marché !

  • Jésus l’avait promis

Durant son ministère terrestre, et à diverses reprises, Jésus a invité ses disciples à demander en prière le Saint-Esprit comme un besoin primordial.

Ainsi, moi je vous le dis : demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et l’on ouvre à celui qui frappe. Il y a des pères parmi vous. Lequel d’entre vous donnera un serpent à son fils quand celui-ci lui demande un poisson ? Ou encore, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent.

Luc 11.9/12

Le dernier jour de la fête, le jour le plus solennel, Jésus se tint devant la foule et lança à pleine voix : – Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et que celui qui croit en moi boive. Car, comme le dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive jailliront de lui. En disant cela, il faisait allusion à l’Esprit que devaient recevoir plus tard ceux qui croiraient en lui. En effet, à ce moment-là, l’Esprit n’avait pas encore été donné parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire.

Jean 7.37/39

De même, lorsque Jésus fut parvenu au terme de sa mission, il pria le Père d’accorder à ses disciples ce don merveilleux.

Si vous m’aimez, vous suivrez mes enseignements. Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de sa cause, afin qu’il reste pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Quant à vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

Jean 14.15/17

Se montrant à eux après sa résurrection, Jésus leur accorda le Saint-Esprit promis. Ils ne l’ont pas reçu de façon effective, mais ils ont eu l’assurance de recevoir cet armement indispensable, en l’absence physique du Seigneur, pour continuer son combat.

Tout en disant cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie parce qu’ils voyaient le Seigneur. – Que la paix soit avec vous, leur dit-il de nouveau. Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après avoir dit cela, il souffla sur eux et continua : – Recevez l’Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés en seront effectivement tenus quittes ; et ceux à qui vous les retiendrez en resteront chargés.

Jean 20.20/23

Bien entendu, cet Esprit-Saint tant attendu n’est ni un jouet ni un gadget, mais ce revêtement de puissance est accompagné, en contrepartie, d’une mission, celle de proclamer l’Évangile, d’abord à Jérusalem, puis dans le monde entier.

Quant à moi, j’enverrai bientôt sur vous ce que mon Père vous a promis. Vous donc, restez ici dans cette ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut.

Luc 24.29

Mais le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde.

Actes 1.8

Deuxième partie : le peuple de Dieu reçoit le Saint-Esprit.

Le jour de Pentecôte est enfin venu. Sept semaines après la résurrection de Jésus, le Saint-Esprit se manifeste sur les cent vingt disciples en prière dans la chambre haute. Il ne pouvait pas choisir un moment plus hautement symbolique : cette fête judaïque nous parle de renouvellement et d’abondance. L’avènement de l’Esprit-Saint dans le corps de Christ se matérialise par trois actions que nous nous proposons d’analyser.

  • Un vent impétueux :

Tout d’abord, on entend comme un bruit de tempête. Le Saint-Esprit est dans le vent. Ce n’est pas étonnant puisque l’hébreu « ruach » autant que le grec « pneuma » emploie le mot vent, souffle, pour désigner l’Esprit de Dieu. Jésus, parlant de l’Esprit-Saint, nous enseigne sur ce vent qui souffle où il veut et dont on entend le bruit (Jean 3.8).

Jésus s’adressait à Nicodème, ce docteur en théologie qui, malgré toute sa science, avouait au Seigneur son ignorance totale quant aux choses de l’Esprit : « Il faut que tu naisses de nouveau ». Cette injonction de Jésus ne peut se comprendre que dans l’Esprit de Dieu. Un de mes collègues, qui depuis quelques semaines s’est approché du Seigneur, a commencé à témoigner de sa foi auprès d’un autre collègue et lui a parlé de sa nouvelle naissance.

« Ah ! Bon ? Tu viens d’avoir un deuxième enfant ? »

 

 

 

  • Des langues de feu

Ensuite, il y a de quoi être effrayé. On aurait pu croire que la foudre avait frappé la maison. Une colonne de feu s’engouffre dans la chambre haute, puis se partage en langues de feu qui viennent se poser sur chacun des assistants, sans rien brûler.

Cette expérience nous ramène bien sûr à la prophétie de Jean-Baptiste concernant le baptême dispensé par le Seigneur.

Moi, je vous baptise dans l’eau, en signe de votre changement de vie. Mais quelqu’un vient après moi : il est bien plus puissant que moi et je ne suis même pas digne de lui enlever les sandales. C’est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu.

Matthieu 3/11

Doit-on conclure de ce passage que le baptême de l’Esprit et le baptême de feu sont deux expériences distinctes ? Rien ne nous permet de l’affirmer, mais nous rencontrons quelquefois de la confusion sur ce sujet.

Je me souviens des paroles de ce vieux cantique :

« Oh ! Viens ! Esprit de Dieu, – Fais-nous sentir ta présence – Revêts-nous de ta puissance – Et baptise-nous de feu. »

Sommes-nous bien certains de vouloir être baptisés de feu ? Le feu est évidemment un symbole du Saint-Esprit, mais surtout un symbole d’épreuve, de purification et de jugement.

Ceux qui ont accepté la nouvelle naissance, dont parle Jésus à Nicodème, acceptent aussi le baptême de l’Esprit et du feu, de ce feu qui nous purifie et qui nous met à l’épreuve, ce feu du jugement divin. Il ne s’agit pas du jugement dernier, car aucun chrétien né de nouveau n’aura la mauvaise surprise d’être envoyé en enfer, mais du jugement qui déterminera notre position dans le royaume céleste.

Dans une parabole bien connue, Jésus nous parle de deux hommes qui ont construit leur maison, l’un sur le roc, l’autre sur le sable. Celui qui a construit sa maison sur le roc, nous l’avons bien compris, a fondé sa vie en Jésus-Christ et recevra de lui la vie éternelle. Quant à l’autre, il a construit la sienne sur un autre fondement : sur une religion hypocrite ou bien sur le monde. Que sa maison soit construite en paille ou en béton armé, elle ne résistera pas à la tempête du jugement. Il entrera dans l’éternité par la mauvaise porte.

L’apôtre Paul considère cette question sous un angle différent.

Pour ce qui est du fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est déjà en place, c’est-à-dire Jésus-Christ. Or on peut bâtir sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses ou du bois, du chaume ou du torchis de paille. Mais le jour du jugement montrera clairement la qualité de l’œuvre de chacun et la rendra évidente. En effet, ce jour sera comme un feu qui éprouvera l’œuvre de chacun pour en révéler la nature. Si la construction édifiée sur le fondement résiste à l’épreuve, son auteur recevra son salaire ; mais si elle est consumée, il en subira les conséquences. Lui, personnellement, sera sauvé, mais tout juste, comme un homme qui réussit à échapper au feu.

1 Corinthiens 3.11/15

Ceux qui ont construit leur maison sur le sable ont été disqualifiés dès la première manche. Restent en lice deux catégories d’architectes. Tous ont construit sur le bon fondement, qui est Jésus-Christ, mais les uns avec des matériaux précieux et solides, les autres avec des matériaux corruptibles ou inflammables. Dans ce cas, ce n’est plus le vent ni la pluie qui vont éprouver et détruire, mais le feu de l’Esprit. Celui qui aura manqué l’épreuve ne sera pas « jeté dans l’étang de feu », il conservera son salut, mais il sera sauvé in extremis, comme rescapé d’un incendie. Il passera son éternité dans un deux-pièces cuisine, alors que le Seigneur aurait souhaité lui livrer un château semblable à celui de Versailles, mais en plus grand.

Voici donc un aspect de l’œuvre du Saint-Esprit : il met en lumière la véritable consistance de notre foi.

 

  • Ils parlèrent différentes langues

La troisième manifestation du Saint-Esprit à la Pentecôte, la plus connue et la plus controversée est sans aucun doute le don accordé aux témoins de Christ de s’exprimer dans des langues qu’ils n’ont pas apprises.

Lisons à ce sujet :

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Marc 16.17/18

Nous avons un problème avec ce texte : en effet, il est absent d’un certain nombre de manuscrits fiables. Tant qu’on ne m’a pas prouvé par a + b qu’il est apocryphe, je le considère comme inspiré, mais nous devons savoir que tous les critères d’authenticité ne sont pas réunis.

C’est la seule fois, à ma connaissance, que Jésus fasse allusion à la possibilité pour les chrétiens de parler des langues étrangères sans les avoir apprises.

Un jeune couple devait partir en mission pour le Burkina Faso et, s’appuyant sur ce texte, pria ainsi : « Seigneur, puisque tu nous as promis que nous parlerions de nouvelles langues, donne-nous le Dioula, s’il te pliait, afin que nous n’ayons pas besoin de l’apprendre. » Mais ils ont dû acheter la méthode « Assimil » comme tout le monde.

Remarquons bien qu’il s’agit ici de langues de peuples connus (xénoglossie), et non pas d’un ensemble de syllabes incohérentes (glossolalie). Des pèlerins venant de tout le pourtour méditerranéen affluaient vers le Temple. Certains avaient mal réglé leur traducteur simultané et ne comprenaient rien du tout. Pour eux, les chrétiens avaient un peu forcé sur la dive amphore et baragouinaient n’importe quoi.

Pour notre gouverne, baragouiner vient de deux mots bretons : bara gwin, qui signifient « du pain et du vin ».

D’autres témoins étaient émerveillés. Comment ces autochtones peuvent-ils proclamer de telles paroles dans notre langue maternelle ?

Que signifie ce phénomène pour le peuple de Dieu ?

Revenons aux débuts de l’histoire de l’humanité. Celle-ci ne formait qu’un seul pays, la Mésopotamie, et ne parlait qu’une langue. C’était bien plus pratique. Un jour, ils se sont lancés dans un grand projet immobilier :

À cette époque-là, tous les hommes parlaient la même langue et tenaient le même langage. Lors de leurs migrations depuis le soleil levant, ils découvrirent une vaste plaine dans le pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent les uns aux autres : – Allons, moulons des briques et cuisons-les au four. Ainsi ils employèrent les briques comme pierres et le bitume leur servit de mortier. Puis ils dirent : – Allons, construisons-nous une ville et une tour dont le sommet atteindra jusqu’au ciel, alors notre nom deviendra célèbre et nous ne serons pas disséminés sur l’ensemble de la terre. L’Éternel descendit du ciel pour voir la ville et la tour que les hommes construisaient. Alors il dit : – Voici qu’ils forment un seul peuple parlant tous la même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris de faire ! Et maintenant, quels que soient les projets qu’ils concevront, rien ne les empêchera de les réaliser. Eh bien, descendons et brouillons leur langage pour qu’ils ne se comprennent plus entre eux ! Et l’Éternel les dissémina loin de là sur toute la terre ; ils cessèrent donc la construction de la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel parce que là, l’Éternel avait confondu le langage des hommes de toute la terre, et c’est à partir de là qu’il les a dispersés sur toute la terre.

Genèse 11.1/9

L’orgueil de l’homme, se croyant plus malin que le Créateur, a provoqué la confusion des langues et la dispersion des peuples. La confusion des langues entraîne les malentendus et les désordres. Dans ma jeunesse, j’ai perdu mes amis allemands parce que, dans une lettre à l’un d’eux, j’ai employé un mot à mauvais escient. Depuis lors, ils m’ont catalogué comme un individu infréquentable.

Remarquons que les hommes ont essayé de sauver les meubles de Babel par leurs propres moyens. C’est la raison pour laquelle tous les habitants de la planète massacrent l’anglais. Je suis d’ailleurs moi-même très mal placé pour les critiquer. C’est dans l’espoir de rassembler les peuples et d’abolir la guerre qu’on a inventé l’espéranto, et plus antérieurement, le volapük.

Seule l’humilité de Christ a pu réunir ce que l’orgueil humain a dispersé. En ce jour glorieux, les peuples ne pouvaient que célébrer ensemble les merveilles de Dieu.

Par ce moyen, le Saint-Esprit nous rappelle aussi la mission de l’Église, qui ne devra plus se limiter au pays d’Israël, mais à tous les peuples et à toutes les nations.

Alors Jésus s’approcha d’eux et leur parla ainsi : – J’ai reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre : allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici : je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde.

Matthieu 28.18/20

Troisième partie : Le Saint-Esprit agit dans l’Église naissante.

Ceux qui acceptèrent les paroles de Pierre se firent baptiser et, ce jour-là, environ trois mille personnes furent ajoutées au nombre des croyants. Dès lors, ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à vivre en communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble. Tout le monde était très impressionné, car les apôtres accomplissaient beaucoup de prodiges et de signes miraculeux. Tous les croyants vivaient unis entre eux et partageaient tout ce qu’ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent entre tous, selon les besoins de chacun. Tous les jours, d’un commun accord, ils se retrouvaient dans la cour du Temple ; ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leurs repas dans la joie, avec simplicité de cœur. Ils louaient Dieu, et le peuple tout entier leur était favorable. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait.

Actes 2.41/47

Les disciples de Jésus ont maintenant inauguré une nouvelle ère de l’histoire, celle de l’Église. Ils sont désormais armés de puissance et équipés pour le service. Ils vont immédiatement bénéficier de ce don merveilleux et en expérimenter l’efficacité.

  • Les apôtres remplis de courage

Ils étaient terrés dans leur chambre haute. Leur maître les avait quittés, ils étaient donc livrés à eux-mêmes, seuls dans cette ville hostile. Ils n’osaient pas se montrer à l’extérieur. C’était la fête de la Pentecôte, les juifs orthodoxes venus de tout l’Empire romain, c’est-à-dire du monde entier, se rassemblaient à Jérusalem. Ce n’était vraiment pas le jour de parler de Jésus sur la voie publique. Mieux valait se montrer discrets.

Et pourtant, le bruit du vent, la lumière du feu, et ces cent vingt hommes qui prophétisaient en diverses langues ne pouvaient pas passer inaperçus. Les visiteurs qui passaient levaient les yeux vers le refuge des disciples : « Qu’est-ce qui se passe là-haut » ?

Inutile alors de continuer à se cacher et à vouloir se taire : les disciples ont été découverts. Tout le monde a entendu le message, certains l’ont décrypté, tous ont réagi :

« Ils sont complètement pafs !

– Mais alors, comment se fait-il que des gens du pays puissent ainsi louer l’Éternel dans notre propre langue, et sans aucune faute de grammaire ? »

Pierre n’a rien perdu de ces remarques, il saisit l’occasion pour prendre la parole. Lui, Pierre, certainement le plus peureux de tous, celui qui s’est « dégonflé » en face d’une servante. Il aurait plus que jamais de bonnes raisons d’avoir peur. Rempli de la force et du courage que donne le Saint-Esprit, le voilà lancé :

Alors Pierre se leva entouré des Onze et, d’une voix forte, il dit à la foule : – écoutez-moi bien, vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem : comprenez ce qui se passe. Certains d’entre vous insinuent que ces hommes seraient ivres. Pas du tout ! Il est à peine neuf heures du matin !

Vs 14 et 15

Avec quelle assurance et quelle clarté Pierre annonce en un premier sermon le message complet du salut, et l’apôtre Paul pourra écrire plus tard avec raison :

Dieu nous a donné un Esprit qui, loin de faire de nous des lâches, nous rend forts, aimants et réfléchis. N’aie donc pas honte de rendre témoignage au sujet de notre Seigneur. N’aie pas non plus honte de moi qui suis ici en prison pour sa cause. Au contraire, souffre avec moi pour l’Évangile selon la force que Dieu donne. C’est lui qui nous a sauvés et nous a appelés à mener une vie sainte. Et s’il l’a fait, ce n’est pas à cause de ce que nous avons fait, mais bien parce qu’il en avait librement décidé ainsi, à cause de sa grâce. Cette grâce, il nous l’a donnée de toute éternité en Jésus-Christ. Et maintenant elle a été révélée par la venue de notre Sauveur Jésus-Christ. Il a brisé la puissance de la mort et, par l’Évangile, a fait resplendir la lumière de la vie et de l’immortalité.

2 Timothée 1.7/10

Et encore :

Car je suis fier de l’Évangile : c’est la puissance de Dieu par laquelle il sauve tous ceux qui croient, les Juifs d’abord et aussi les non-Juifs.

Romains 1.16

  • Regain d’intérêt pour la parole de Dieu

La prédication de Pierre a remporté un succès remarquable auprès de ses auditeurs : trois mille personnes ont accepté de donner leur cœur à Jésus et se sont fait baptiser. La venue du Saint-Esprit a provoqué le plus grand réveil de l’histoire. Immédiatement, les nouveaux convertis prennent la résolution de s’attacher à la parole de Dieu et de se laisser enseigner. Plus encore que la liste impressionnante des nouveaux baptisés, le retour à la parole de Dieu caractérise tout véritable réveil : souvenons-nous de l’expérience de Josias. Je ne crois plus aux réveils qui se manifestent uniquement par des expériences inédites. Je me méfie des prédicateurs qui montent en chaire sans leur Bible. J’espère voir un réveil en France avant le retour du Seigneur. Alors nous verrons se réaliser les paroles de notre cher poète Victor Hugo : « Ensemencez les villages d’évangiles : une bible par cabane... »

  • Communion fraternelle

À cette époque, il n’y avait pas encore de bâtiment consacré qu’on appelait une église, avec e minuscule. Les chrétiens de Jérusalem se réunissaient soit dans la cour du temple, tant qu’ils en avaient la possibilité, aussi bien que dans les maisons. Je ne crois pas que nous devions pour autant enseigner qu’il n’est pas bon pour l’église locale d’avoir un bâtiment. De nos jours, dans notre pays, il nous paraît préférable d’avoir une « vitrine » pour être plus visibles aux yeux du monde. Mais sur le plan biblique, cela n’a pas d’importance. Nous découvrons que la cène n’était pas distribuée seulement une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par an, mais tous les jours. Le premier jour de la semaine, le dimanche, est celui de la résurrection. Ces deux mots sont d’ailleurs homonymes en russe. Actes 20.7 nous laisse penser que l’Église a pris très tôt l’habitude de célébrer un culte particulier en ce jour. Toujours est-il que la parole de Dieu ne donne pas d’obligation concernant le jour où les chrétiens doivent se réunir. Aujourd’hui, certaines églises organisent deux cultes, un le samedi soir et l’autre le dimanche matin, voire un seul culte le samedi soir, pour des questions d’ordre pratique : le boulanger travaille le dimanche matin.

Pour celui-ci, tel jour vaut plus qu’un autre ; pour celui-là, ils ont tous la même valeur : à chacun d’avoir une pleine conviction en lui-même. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur. Celui qui mange le fait aussi pour le Seigneur, puisqu’il remercie Dieu pour sa nourriture. Et celui qui s’abstient de certains aliments le fait encore pour le Seigneur, car lui aussi remercie Dieu.

Romains 14.5/6

Ce qui est important, c’est que les chrétiens vivent ensemble, partagent le pain ensemble, prient ensemble, louent ensemble, chantent ensemble, étudient la Bible ensemble, et ceci malgré leurs divergences, leurs caractères parfois difficilement conciliables, leurs différences sociales, culturelles ou ethniques.

  • Les apôtres accomplissaient des miracles

Le plus beau réveil de l’histoire est accompagné de miracles. Est-ce que le temps des miracles est passé ? Devons-nous croire que le Saint-Esprit nous a laissé pour compte si nous ne vivons pas le miracle au quotidien ? Il est difficile de répondre à ces questions en quelques mots. Je pourrais tout résumer ainsi : Notre Dieu est le Dieu des miracles, mais il ne se donne pas en spectacle.

  • Une action sociale de l’Église

Les croyants issus de ce réveil étaient extrêmement sensibles aux besoins matériels de leurs prochains, et ils réalisaient aussi la vanité et le superflu des richesses d’en bas. Spontanément, ceux qui avaient deux maisons en vendaient une pour en distribuer le produit aux pauvres. Il est curieux de constater qu’il y a quelques petites décennies encore, beaucoup d’églises se considéraient comme trop spirituelles pour participer à la vie sociale. On affectait un certain mépris vis-à-vis de l’Armée du Salut, qui distribue de la soupe aux pauvres : « Nous, on distribue la parole de Dieu ! » Heureusement, les mentalités ont commencé à changer. Engagement social et engagement spirituel ne sont pas incompatibles. Ce n’est pas parce que je fais de bonnes œuvres que je suis sauvé, c’est parce que je suis sauvé que je fais de bonnes œuvres.

Supposez qu’un frère ou une sœur manquent de vêtements et n’aient pas tous les jours assez à manger. Et voilà que l’un de vous leur dit : « Au revoir, mes amis, portez-vous bien, restez au chaud et bon appétit », sans leur donner de quoi pourvoir aux besoins de leur corps, à quoi cela sert-il ?

Jacques 2.15/16

  • Une Église en pleine croissance

Et bien entendu, l’Église progressait numériquement. Le Seigneur ajoute chaque jour des âmes nouvelles aux trois mille chrétiens qui, en un seul jour, ont formé la première église locale. C’étaient d’abord des Juifs, ou bien des prosélytes : des non-juifs convertis au judaïsme. La communauté locale commençait à prendre ses aises à Jérusalem. Il aura fallu une persécution pour qu’elle se décide à essaimer. Ensuite, il aura fallu une intervention surnaturelle du Saint-Esprit pour que les chrétiens répondent à l’ordre de Jésus : « Faites de toutes les nations des disciples. »

Alors que Pierre prononçait ces mots, l’Esprit-Saint descendit soudain sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants juifs qui étaient venus avec Pierre furent très étonnés de voir que l’Esprit-Saint était aussi donné et répandu sur les non-Juifs. En effet, ils les entendaient parler en différentes langues et célébrer la grandeur de Dieu. Alors Pierre demanda : – Peut-on refuser de baptiser dans l’eau ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint aussi bien que nous ? Et il donna ordre de les baptiser au nom de Jésus-Christ. Ensuite, ils le prièrent de rester encore quelques jours avec eux.

Actes 10.44/48

Je vous propose maintenant de conclure en nous résumant sur ces trois points :

  1. Le plus grand réveil de l’Église n’aurait pu se réaliser sans l’action du Saint-Esprit.
  2. Les églises qui ne font plus confiance au Saint-Esprit et à la parole de Dieu sont appelées à décliner et à périr.
  3. N’attendons pas du Saint-Esprit des actions qui flattent notre désir de manifestations surnaturelles, mais demandons-lui la plus extraordinaire des manifestations, celle de transformer les vies.