La drachme perdue

Nous trouvons dans l’Évangile de Luc, chapitre 15 versets 8 à 10, l’histoire d’une femme qui avait dix pièces de monnaie et qui en a perdu une. Elle fouille partout dans sa maison et finit par la retrouver, et quand elle l’a retrouvée, elle va en informer tous ses voisins.

Cette histoire peut paraître bien étrange si l’on ne connait pas le contexte culturel.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai tiré d’un distributeur deux billets de cinquante euros que j’ai pliés l’un dans l’autre et les ai fourrés dans ma poche. Quand j’ai voulu les prendre, ils n’y étaient plus. Finalement, je n’avais pas fouillé dans la bonne poche. J’étais content, car je ne suis pas Rockfeller, mais je n’ai pas ameuté tout le quartier.

Quand une jeune fille se mariait, on lui donnait plusieurs pièces d’argent qui constituaient sa dot, et on en faisait un bandeau qu’elle gardait sur le front. Une de ces pièces était mal sertie, et elle est tombée. Si elle sort dans la rue avec cette parure incomplète, les gens qui voient le mal partout ne manqueront pas de médire : elle a dépensé la pièce qui manque à se débaucher. Et la belle mère d’en remettre une couche : je t’avais bien dit que ce n’était pas une fille pour toi ! »

On comprend mieux l’acharnement de cette femme à rerouver sa pièce, et quand elle l’a retrouvée, elle s’en va voir ses voisines :

« Alors, madame Truguduche ! c’est bien vous qui êtes allée colporter que j’avais dépensé ma drachme dans les lieux de plaisir ?

– Euh… oui… c’est-à-dire…

– La voici, ma pièce, elle avait roulé sous le buffet de cuisine. »

De la même manière, Jésus pourrait remettre les pendules de Satan à l’heure :

« C’est bien toi qui as accusé mon serviteur ?

– Oui.

– Je l’ai racheté, tu n’as plus rien à dire. »