L'inspiration - Ch I

Introduction et définitions.

Pourquoi l’inspiration ?

            Dieu a de tout temps voulu faire connaître sa volonté aux hommes. C’est pourquoi il se révèle à eux dès le commencement.

            « Au commencement était la Parole. »            JEAN 1.1

            Or qui dit parole dit forcément communication. Dieu nous a donné la parole afin que nous puissions communiquer entre nous.

            Dans les premières pages de la Genèse, nous voyons l’Eternel communiquer de vive voix avec Adam et Eve : « Dieu leur dit ... »           

                        GENESE 1.28: 2.16;3.8/9 etc.

            Le chapitre 4 de la Genèse ce termine par ces mots : « C’est alors que l’on commença à invoquer l’Eternel. » Ce qui laisse à penser qu’après la chute, la communication avec Dieu est devenue moins facile, il a fallu chercher Dieu, l’invoquer pour entendre sa voix.

            Cependant, le péché n’enlève rien au fait que Dieu veut se révéler aux hommes, et qu’il s’est révélé à nous de façon merveilleuse par l’incarnation de son Fils Jésus - Christ.

            « Et la parole a été faite chair, elle a habité en nous, pleine de grâce et de vérité. »

                        JEAN 1.14

            « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers jours, nous a parlé par le Fils. »

                        HEBREUX 1.1/2

  • Les attributs de l’Ecriture : 

a) Elle est :

éternelle

JEAN 1.1

 

 

PSAUME 119.89

 

 

MATTHIEU 24.35

b)

créatrice

GENESE 1.3

 

 

HEBREUX 11.3

c)

incarnée

JEAN 1.14

d)

vivante

JEAN 6.63

e)

la Parole du Saint - Esprit

1 PIERRE 1.12

 

 

2 PIERRE 1.21

 

 

JEAN 10.13

Pourquoi l’écriture?

            Dieu disposait de nombreux moyens pour nous faire connaître sa parole. Cependant, il préféra utiliser l’écriture.

            Il aurait pu employer plutôt :

  • Les anges comme messagers. Mais la révélation serait momentanée; il  aurait fallu un ange auprès de chaque individu.
  • Les visions et les songes, mais la mémoire de l’homme est faillible et l’interprétation pourrait en être erronée.
  • L’Urim et le Thummim dont la réponse ne pouvaient être que « oui ou « non ».
  • La conscience qui ne peut pas tout enseigner.
  • La voix audible, mais c’est un moyen trop personnel.

            A ces moyens faillibles et imparfaits, Dieu préfère l’écriture qui apporte les avantages suivants :

  • La précision.
  • La propagation : un texte écrit est plus facilement transmissible.
  • La fidélité : une vérité qui se transmet de bouche à oreille sera immanquablement déformée.
  • La préservation : Le texte écrit est préservé jusqu’à nos jours.

Comment la Parole est - elle inspirée ?

            Il existe trois actions particulières, qu’il convient de définir, par lesquelles le Saint - esprit communique la parole divine.

La révélation.

            Se dit en hébreu Galah et en grec Apokalypto, ce qui signifie « ôter un voile »

La révélation est une action du Saint - Esprit par laquelle Dieu donne une information, une vérité que l’homme ne pourrait connaître sans la communication du Saint - Esprit.

            C’est ainsi que Dieu a révélé à Moïse le déroulement de la création, et à Jean la grande vision de l’Apocalypse.

L’inspiration.

            Se dit en hébreu NESCHAMAH (vent, respiration) et en grec theopneustos (soufflé de Dieu). Ce mot se trouve dans 2 TIMOTHEE 3.16.

            L’inspiration est l’action par laquelle le Saint - Esprit rend capable d’écrire un texte infaillible. C’est l’action déterminante et puissante par laquelle l’Esprit de Dieu a rempli les écrivains bibliques, les qualifiant pour rédiger les textes sacrés, sans erreur, omission ou mélange. Cette rédaction a été parfaitement guidée et conduite par l’Esprit et cela même dans les plus petits mots, produisant ainsi un texte autorisé, exact, infaillible et divin.

  • Autres définitions : 

¨    Dr. Gossen : C’est l’inexplicable puissance que l’Esprit divin a exercé sur les auteurs des Ecritures pour les guider même dans le choix des mots qu’ils devaient employer, et pour les préserver de toute erreur, aussi bien que de toute omission.

¨    Erich Sauer : L’inspiration biblique est l’action du Saint - Esprit par laquelle il a mystérieusement éveillé et remplis des auteurs humains, les guidant et les dirigeant de manière à produire un écrit inspiré et infaillible, un texte sacré, un livre de Dieu avec lequel l’Esprit de Dieu demeure à jamais organiquement uni.

¨    Dr. Farrar : C’est l’influence du Saint - Esprit qui, répandu dans l’Esprit de l’homme, guide, élève et excite tous les pouvoirs de cet homme à leurs plus hauts et nobles exercices.

¨    H.A. Strong : L’inspiration est cette influence du Saint - Esprit sur les esprits des écrivains de l’Ecriture qui fait de leurs écrits le registre d’une révélation divine progressive suffisant quand il est pris ensemble et interprété par le même Esprit qui les a inspirés pour guider et amener chaque chercheur honnête à Christ et au salut.

¨    H.O. Willey : C’est l’énergie animatrice du Saint - Esprit par laquelle les saints hommes de Dieu ont proclamé officiellement Sa volonté comme nous étant révélée dans les Saints Ecritures.

L’illumination.

            L’illumination est le secours naturel accordé par l’Esprit de Dieu au lecteur de l’Ecriture Sainte pour qu’il en saisisse le divin message.

            « La Bible ne peut être comprise par l’étude ou le talent; vos ne devez compter que sur l’influence du Saint - Esprit ».

                        Martin LUTHER : « Briefwechsel » I.141

Le processus de l’inspiration.

            La révélation et l’inspiration se sont combinées pour la rédaction de la Sainte Bible. Il existe trois possibilités :

  • Révélation + inspiration : C’est ainsi qu’est donnée la prophétie.
  • Révélation - inspiration: le texte n’est pas canonique.
  • Inspiration - Révélation : C’est le cas de la majeure partie des livres historiques.

La théologie libérale.

            Avant de pousser plus avant notre étude, il importe que nous ayons quelques connaissances de base sur les nouveaux courants de pensée religieuse qui,  depuis le XIXe siècle, tendent à vouloir renverser la foi dans les Ecritures et dans leur enseignement.

La théologie fondamentale.

            On appelle théologie fondamentale, ou fondamentalisme, cette théologie qui croit que la Bible est entièrement inspirée, et que tout son contenu est frai, y compris les affirmations qui paraissent les plus absurdes au raisonnement humain. (Miracles, résurrection, etc.)

La théologie libérale.

            La théologie libérale, ou modernisme, au contraire, prétend que la Bible est partiellement inspirée, ou même totalement dénuée d’inspiration. Cette théologie refuse de croire tout ce que la Bible renferme de miraculeux.

            « Ainsi, voici la liste, non exhaustive des « mythes » que, selon le théologien libéral allemand Rudolf Bultmann, il convient d’éliminer :

  • ·      La préexistence de Christ.
  • ·      Sa naissance miraculeuse.
  • ·      Sa divinité.
  • ·      Ses miracles.
  • ·      Sa mort substitutive à la croix.
  • ·      Sa résurrection et celle des croyants.
  • ·      Son ascension.
  • ·      Son retour en gloire.
  • ·      Le jugement final du monde.
  • ·      L’existence d’esprits bons ou mauvais.
  • ·      La personnalité et la puissance du Saint - Esprit.
  • ·      La doctrine de la trinité.
  • ·      La mort comme conséquence du péché.
  • ·      La doctrine du  péché originel.

                        PACHE p 57.3

Les principaux théologiens modernes.

            Ils se divisent chronologiquement en trois groupes :

  • Le libéralisme :

Schleiermacher

 

Wellhausen

  • La théologie dialectique :

Karl Barth

 

E. Brunner

 

R. Nieubuhr

  • La théologie de

R. Bultmann

 

P. Tillich

 

B. Robinson

Objection grammaticale à 2 TIMOTHEE 3.16

            Dans le texte grec, le verbe « est » est sous entendu : « Toute écriture, inspirée de Dieu et utile, etc. ».

            Doit - on traduite : « Toute écriture est inspirée de Dieu et utile » ? Ce qui confirme notre foi dans l’inspiration plénière;

            ou :

            « Toute écriture inspirée de Dieu est utile » ? Ce qui ouvre la voie à la théologie de l’inspiration partielle, limitée à certaines parties de l’Ecriture.

            Il faut savoir que dans le Grec du Nouveau - Testament, chaque fois qu’on trouve un nom ou un pronom suivi de deux adjectifs qualificatifs attribut, le verbe « être » sous - entendu, dans la traduction en français se place toujours entre le nom ou le pronom et le premier adjectif, faute de quoi la phrase n’aurait aucun sens dans son contexte.

            Par exemple :

2 CORINTHIENS 10.10

« Ses lettres sont sévères et fortes »

et non

« Ses lettres sévères sont fortes »

1 TIMOTHEE 2.3

« Cela est bon et utile devant Dieu. »

et non

« Ce bon est utile devant Dieu. »

            Nous n’avons aucune raison de croire que Paul ait failli à cette règle uniquement dans ce verset à seule fin de satisfaire à l’incrédulité de certains docteurs. 

            « D’autre part, il est clair que :

  • ·      C’est « toute écriture » (ou « toute l’Ecriture ») qui est inspirée. Autrement dit, d’après le contexte, tout l’Ancien - Testament, les Saintes lettres dont l’apôtre parle au Vs 15. Ce qui est affirmé ici pour l’Ancien - Testament sans restriction aucune est évidemment valable pour toute écriture du Nouveau - Testament.
  • ·      C’est l’Ecriture, le texte lui - même qui est inspiré. Voilà pour nous une chose importante. Ca à quoi nous serviraient les révélations reçues par les auteurs sacrés s’ils n’avaient pu les rédiger de façon absolument sûre et authentiques ? Nous savons que Balaam, David et Pierre, par exemple, n’étaient absolument pas infaillibles en paroles et en actes, quand ils n’étaient pas inspirés.
    NOMBRES 22/24; 2 SAMUEL 11; 2424.1/11; GALATES 2.11/14)

Si Dieu n’avait inspiré que les pensées dans l’esprit des hommes, il ne nous en resterait rien aujourd’hui, car il y a longtemps que ceux - ci sont morts. »

                        PACHE pp. 42/43